Centre de photographie de Lectoure

À partir essentiellement de l’image photographique, je questionne le corps et les relations qu’il entretient avec l’espace. Je le mets en scène d’après des événements fictifs ou réels, et l’utilise comme porteur de récit(s) possible(s). Chaque image est fabriquée comme une énigme pour laisser place à l’imaginaire du spectateur. Dans Les secrets, il est question d’intrusion dans l’intimité mais aussi de porte ouverte aux possibles. L’image devient support. Pour Cheminements, cinq images de cette série seront installées en grand format sur les murs des maisons d’une ruelle de Miradoux. Partant du plus intime pour aller au plus vaste, ce renversement d’échelle interroge les limites du regard.

Aurélie Haberey

Modèles ? Moi, je parle de personnages. C’est le corps en tant que scénario en puissance qui m’intéresse, avec son intégration au contexte, sa répartition du poids, son rapport au sol, la fragilité de son équilibre…
Le travail d’Aurélie Haberey parle de faire circuler les secrets à travers le corps. La tête ailleurs – visage hors cadre, figure cachée ou regard perdu – il se pose en silence dans un environnement à la limite du familier et de l’étrange.
S’il y a intériorité, elle est universelle : le moment d’une pause, l’évocation d’un souvenir – sans émotion apparente – laissent le champ libre à l’imaginaire.

C’est une femme. On ne sait pas d’où elle vient, où elle va, ce qu’elle a à faire…
L’énigme émerge d’une mise en scène précise et ambiguë, où le morcellement est la règle, où le motif du vêtement intervient comme décor, où les pieds, les mains et les fesses attirent l’attention que l’image donne habituellement au regard, où la campagne et la ville se confondent, où le faux rejoint le vrai.

Marie Guérisse



Aurélie Haberey (1974) vit à Lyon.

Aurélie Haberey

Aurélie Haberey, Les secrets, 2004/06.





Expositions du samedi 28 avril
au dimanche 27 mai

Ruelle du Château, Miradoux
Tél.05 62 28 63 08