Centre de photographie de Lectoure

“Depuis 1998, Erwin Wurm s’intéresse aux conditions de la création d’une sculpture, à l’évolution de cette notion et à son éventuelle correspondance avec la vie quotidienne : jusqu’où va la sculpture ? Peut-on considérer une performance comme une sculpture ? Quelle est sa pérennité ? Erwin Wurm ne limite pas ce domaine à l’objet tridimensionnel. C’est pourquoi ses One minute Sculptures associent le dessin, la photographie, la vidéo ou la performance de façon plus ou moins systématique. Les sculptures de Wurm ne durent qu'une minute. Grâce aux instructions fournies par l’artiste, elles peuvent être réactivées et renouvelées à tout instant, n’importe où et par n’importe qui. Sans passé ni futur, elles se situent dans un présent absolu aux ressources infinies. Les thèmes et les situations imaginés par Wurm relèvent à la fois du ridicule, de l’irrationnel, de l’exhibitionnisme, de l’humour, du sexuel. Chaque proposition inclut des objets issus de la vie quotidienne (aliments, vaisselle, vêtements, objets utilitaires). (…) Des hommes et des femmes ont scrupuleusement souscrit aux directives de l’artiste : une femme allongée par terre est écrasée à mi-corps par une valise, quelqu’un maintient des cornichons entre ses orteils, un homme demeure en appui par les mains et les pieds sur des tasses renversées, etc. (…) L’exécutant de la performance endosse un nouveau statut qui lui permet de dépasser les limites sociales et morales auxquelles il doit se soumettre habituellement, car il s’autorise alors des actes absurdes ou fantasmatiques. Toutefois, ces bribes de liberté restent fictives, l’individu se contentant de répondre à une projection préalablement élaborée par l’artiste.”

Pascale Jeanneret, Art Press n° 248, juillet-août 1999.

“Si le travail de Wurm apparaît essentiel, à plusieurs titres, c’est qu’il articule diverses pratiques et notamment celle de l’image autour de la notion même de sculpture, en incluant l’Autre dans le processus de réalisation de l’œuvre, tout en lui soumettant un cadre d’action et une temporalité bien définie, mais en laissant ouverte la possibilité de voir l’œuvre renaître ailleurs et autrement. Deux traditions autrichiennes se poursuivent finalement ici, celle de la sculpture – dont Max Klinger signa la modernité au cœur même de la Wiener Secession – et celle de la psychanalyse d’un Flügel ou d’un Schilder qui, dans les années 30, redéfinissaient l’articulation de la réalité corporelle à sa réalité fantasmatique, notamment à travers les objets, les postures du quotidien et le vêtement.”

Christine Macel, ExtraetOrdinaire, catalogue du Printemps de Cahors, Actes Sud, 1999.



Erwin Wurm (1954) vit à Vienne, Autriche.

Plus d’infos : Multitudes web | Paris-art | Galerie Anne de Villepoix

Œuvres prêtées par le FRAC Limousin.

Erwin Wurm

Erwin Wurm, One minute Sculptures, 1997/98.





Exposition du samedi 23 avril
au 10 juin

Centre de photographie de Lectoure
5 rue Sainte-Claire
Tél. 05 62 68 83 72

Ouvert du mardi au dimanche
de 14 h à 18 h.