Les Passants _Ces images ont été prises sur le vif, au ras du sol sur les trottoirs de la ville.
Des passants, de leur activité, de leur déplacement, de leur vie et de leurs couleurs, ne reste plus que la masse sombre des jambes, des silhouettes noyées dans le noir épais et liquide de l’ombre du contre-jour. Ces passants semblent alors faits de la même matière que celle du goudron luisant qui se répand sur toute la surface de l’image.

Les Magasins _Architecture rudimentaire et systématique des grandes surfaces périurbaines. Hangars en tôle décorés d’enseignes électriques colorées. Parkings déserts. Les enseignes sont pourtant restées allumées. Tout est conçu pour accueillir la foule, le vacarme, mais à cette heure de la nuit, rien ni personne. Plus que le silence. C’est précisément à ce moment là que ces lieux deviennent fascinants, presque beaux. Le protocole de prise de vues s’impose aisément, photographier ces grandes façades en pleine face. Choisir le point de vue purement descriptif, l’absence de perspective. Ces grands halls rectangulaires sont alors réduits à l’existence de leur seule façade. Un décor de carton derrière lequel rien ne se passe. Non pas des volumes habitables, mais des grandes surfaces planes, de grands prospectus publicitaires. Fascinants comme le vide. 

Sylvaine Branellec

Les Noces _Tandis que le texte explore l’espace clos du cercle, les photographies explorent la danse, le mouvement, l’espace ouvert. Le lieu du texte est celui d’une petite place fermée à l’intérieur de lotissements d’habitation. C’est celui de l’enfance et de son souvenir vague et complexe. Le lieu des images est celui d’une vaste zone portuaire, marquée par le délabrement et une certaine forme d’abandon, offerte aux transits, aux passages, aux flux des marchandises.

Sans se rejeter dans leurs antagonismes, ces deux espaces se polarisent lorsque l’artiste les désigne comme étant les lieux du retour à soi et de la recherche d’un absolu.

Le lieu du texte est un espace consacré, celui de la scène de théâtre, là où se jouent les mythes, tandis que celui des photographies est un espace de transition, anonyme, public. Dans les deux cas, ce sont des espaces vides qui réclament qu’une existence humaine y vienne faire sens.

À travers Les Noces, et en écho à l’œuvre dwe Camus – “Noces à Tipaza” et “Le vent à Djemila” –, il s’agissait de célébrer une entrée en création par le biais du récit d’un souvenir d’enfance, d’une initiation à l’errance, à la solitude et à la recherche.

Sylvaine Branellec

Monfort, maison Labat.

Horaires d’ouverture de l’exposition : de 14 h à 18 h du mardi au dimanche et les jours fériés.
Plus d’infos : site de Sylvaine Branellec

Photographie : Sylvaine Branellec, série “Passants”, 2005.

Présentation
Porteurs du projet
Sylvaine Branellec
Anna Fayard et Germain Berdié
Catherine Gfeller
Sandrine Marc
Dialogues, promenades, lectures,
moments musicaux.

Programme, infos pratiques.