__Cette exposition retrace dix ans du parcours d’Anne Durez et son passage de la photographie à la vidéo. Jusqu’aux Indifférences (2000), le rapport au monde de l’artiste était photographique. En 2001, la nécessité d’introduire le mouvement a mis fin à cette exclusivité.

L’idée du corps comme support de résistance apparait dans Figure-toi en 2004 et se développe jusqu’en 2009 sous différents éclairages : métamorphoses du visage (Figure-toi, Simo), corps en lutte contre les éléments (Donnant, Donnant #, Mlua), corps en action dans le paysage (Année lumière, Se eles se calam...).
__“L’idée de regrouper dans une même exposition des vidéos qui touchent à la performance et au corps m’apparaît comme une évidence, une manière de penser la cohérence de l’ensemble.” Anne Durez
“Mon corps, enseveli (et caché) sous un tas de pierres, est progressivement libéré par un danseur, après un sursaut. Ma présence est signalée par ce poing fermé enduit de terre rouge, apparu soudain entre les pierres et les faisant rouler dans un fracas sur le ciment du sol.” Anne Durez
Pendant quatre mois, Anne Durez a vécu au Spitzberg, terre habitée la plus proche du pôle Nord. Entre fable et songe, son film retrace cette expérience et le retour progressif de la lumière, de la nuit polaire au jour continu.
Désigne en baham (dialecte de l’ouest du Cameroun) les nuages, l’impression de brouillard et de visibilité restreinte.
“Pour cette performance, Samuel Tchuenche Kamdem, comédien camerounais, lit dans son village en pleine saison des pluies. La lecture commence avec le début de la pluie, qui s’intensifie au point d’aveugler progressivement le lecteur. Les mots sont recouverts par le son de la pluie, tandis qu’à l’image une mer de lait se plisse et déborde.” Anne Durez
“J’ai proposé aux habitants de Bafoussam de répondre à la question : si j’étais camerounaise, à quoi je ressemblerais ? La performance a duré quatre heures. Le corps s’est inscrit dans une nouvelle expérience, une succession de postures pour cette transformation en femme africaine.” Anne Durez
Cette série regroupe “différentes actions dans le paysage qui mettent en jeu des états de résistance. En fonction de la présence, du mouvement et de la puissance des éléments (eau, vent, lumière), le corps réagit jusqu’à atteindre un seuil, point d’achèvement de l’action et du plan-séquence.” Anne Durez
__Donnant : Filmé sur la côte sauvage pendant un coup de vent d’ouest, un homme tente de lire un journal debout dans les rafales, jusqu’à ce les dernières pages s’envolent dans la mer.
__Donnant # : Une femme endormie sur le sable est recouverte progressivement par la marée montante.
Dans cette performance Anne Durez met en scène le processus de vieillissement progressif de son visage par un maquilleur de cinéma jusqu'à un âge limite, voire une identité sans âge.
“Une multitude de regards m’informaient sur l’état de mon visage, sur l’avancée du processus de vieillissement. Les regards insistaient, jusqu'à l'ultime étape où ils ont commencé à fuir. Le temps venait de basculer.” Anne Durez
“Une silhouette, projetée à l’échelle 1, seule dans le paysage, déambule autour d'un rocher dans une semi-pénombre. Un homme est tour à tour debout, assis ou couché, alternant les changements de positions et les postures. L'ensemble est extrêmement ralenti pour créer une atmosphère entre mouvement et image fixe.” Anne Durez
Cet ensemble de photographies pris lors de déambulations à l’aube présente une série de paysages saisis juste avant le basculement éphémère de la nuit au jour. Une projection lente, où une image noire succède à chaque image, replace le spectateur dans cette expérience de l’apparition de la lumière.
Anne Durez filme son visage en plan fixe, en fin de nuit, au stade d’épuisement où la tête chavire par à coups. Cette vidéo est diffusée face à un paysage projeté, comme une séquence rythmique face à une scène de méditation.







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