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Cheminements 2011
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« Andreas Gursky est l’un des plus célèbres photographes contemporains. Ses œuvres monumentales, images exemplaires de la contemporanéité, sont présentées dans les plus importants musées du monde. À partir des années quatre-vingt-dix, Gursky parcourt le monde à la recherche de sujets qui incarnent notre temps : gigantesques immeubles d’habitation et de bureau, aéroports, évènements sportifs, objets de consommation de masse, de luxe… Il commence également à “manipuler”, parfois de façon invisible, certaines photographies sur ordinateur. Parallèlement, Gursky en réalise d’autres, cette fois non transformées, mais qui peuvent sembler l’être. L’intention de l’artiste serait-elle de démontrer que la photographie ne raconte jamais la vérité, tout en mesurant la part de réalité contenue dans ses mensonges hyperboliques ? » Jacinto Lageira, Infime, immense, infime. Catalogue Andreas Gursky, édition Centre Pompidou.
« Ayant choisi Minorque comme destination pour ses réserves naturelles et son rapport au nouveau “tourisme naturel”, la notion d’environnement a été pour moi l’élément majeur de mes recherches. Me retrouvant souvent seul dans des lieux censés montrer / représenter Minorque et sa culture, j’ai pu ainsi croiser beaucoup de sites qualifiés de “naturels”, et d’historiques, et aussi découvrir la faune locale. J’ai parcouru cette île principalement grâce à une carte que m’avait conseillée quelqu’un. Ma lecture de ce territoire s’est donc faite à travers la lecture de cette carte ; cette dernière m’a permis de préciser les routes, les lieux-dits, les réserves naturelles et tous les sites historiques (talayots, grottes préhistoriques, etc.). » Vincent Lalanne
« La photographie s’inscrit dans la pratique d’Édouard Sautai comme un moyen d’intervention dans le réel. La méthode à l’œuvre dans les photographies d’Édouard Sautai trouve son origine dans une première série d’images, intitulée Cabanes, réalisée en 2002. Ces photographies en noir et blanc montrent de petites habitations parfaitement insérées dans des espaces naturels luxuriants. Édouard Sautai infiltre le monde de ses architectures provisoires. À Séoul, des abris faits de déchets domestiques s’installent à la périphérie de la mégapole et redonnent à penser une forme d’architecture traditionnelle confrontée aux formes d’une architecture globalisée. À Creil, elles viennent densifier des sites industriels en en rejouant les structures. Chacune de ces constructions réintroduit de la diversité et de la spécificité quand le monde qui les accueille est, lui, soumis à l’uniformisation, la standardisation. » Guillaume Fontaine
Ayant en commun la pratique de la vidéo, ces jeunes artistes proposent pour Cheminements quatre visions singulières de l’individu, traversant la ville et traversé par elle. Dans Contrôle sensible, Damien Beyrouthy présente deux personnages entrant en contact dans un lieu incertain, aéroport, salle d’attente, cellule… Cécile Grandin dans son installation vidéo Voix sans issue, nous montre deux individus, humains ou pantins ? Qui se débattent… Avec Les alin()és, Yvan Narfez met en scène des personnages intrigants face à un but aussi désiré qu’indéterminé. Carole Nosella avec Brouillard-passé et Sur le pont, nous fait successivement apercevoir une route et un visage qui sont peu à peu masqués par la sédimentation des images.
Quand l’énoncé Vous êtes ici est détaché de tout repère cartographique, quand il subsiste seul comme référence, il devient étrange, perd son évidence. Il nous renvoie alors au fait d’être là, à un moment donné. Comme un point d’arrêt au croisement de possibles trajectoires futures. Il désigne un lieu vague, un moment incertain. Incertains aussi les espaces vidéographiques offerts aux déambulations. Certes vous y êtes ou y serez, nous y avons été, mais le point perce l’espace au lieu de le désigner.