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Cest en découvrant les travaux de Robert Frank et dHenri Cartier-Bresson quEggleston vient à la photographie, quil pratique dabord en noir et blanc puis en couleur dès la fin des années 60. À partir de son environnement intime la plantation familiale et la campagne du Tennessee, sa maison et les rues de Memphis il se plonge dans lexploration de lunivers quotidien du Sud des États-Unis. |
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Photographies :
William Eggleston, années 1970. Collection Lhoist.
William Eggleston, Série Graceland, 1983. Fond national dart contemporain, Ministère de la culture et de la communication, Paris.
Avec le concours de : collection Lhoist, Fonds national dart contemporain, Ciné 32 et le cinéma Le Sénéchal.
Remerciements : Jacqueline dAmécourt, conservateur collection Fondation Lhoist.
Le Centre de photographie de Lectoure reçoit le soutien de : Ministère de la culture et de la communication DRAC Midi-Pyrénées, Conseil régional Midi-Pyrénées, Conseil général du Gers, Ville de Lectoure.
Exposition du 26 janvier au 23 mars 2008.
Ouvert de 14 h à 18 h tous les jours sauf samedi. Entrée 3 €, tarif réduit 2 € ; gratuit pour les moins de 18 ans.
Centre de photographie de Lectoure
5 rue Sainte-Claire 32700 Lectoure
Tél. : 05 62 68 83 72 Fax : 05 62 68 83 03
E-mail : contact@centre-photo-lectoure.fr
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Samedi 26 janvier
15 h 30
Présentation du film By the ways: a journey with William Eggleston de Vincent Gérard et Cédric Laty, au cinéma le Sénéchal, en présence des réalisateurs.
Entrée : 5,50 €, tarif réduit : 4,50 €.
17 h 30
Conférence de Gilles Mora, William Eggleston, un photographe régionaliste ?, au théâtre le Sénéchal.
Entrée gratuite.
19 h 00
Vernissage de lexposition au Centre de photographie.
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Photosapiens : exposition William Eggleston, Spirit of Dunkerque.
Fondation Cartier : archives de lexposition William Eggleston.
Dossier de presse de lexposition au Centre de photographie [Pdf 732 Ko].
Gilles Mora est lauteur de La photographie américaine 1958-1981, The Last Photographics Heroes (Seuil, 2007) ; Petit lexique de la photographie (Abbeville Press, 1998).
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Son intérêt pour le banal le rapproche de Walker Evans, mais sa vision du monde et son style len écartent sensiblement. William Eggleston photographie tout, sans distinction ni hiérarchie, et son approche très libre du sujet na rien à voir avec les vues frontales et sans effets du style documentaire. Contrairement à Evans, il surprend et déstabilise par des points de vues inattendus, des cadrages et des compositions hors des canons esthétiques et la présence essentielle de la couleur.
Dans les années 70, cette ouverture à la couleur, logique dans la démarche dun artiste qui entend prendre en compte toutes les composantes de la réalité, mais encore précoce dans lhistoire de lart photographique, vaut à Eggleston la consécration du musée et la réputation en partie justifiée mais quelque peu envahissante dinventeur de la photographie en couleur. Son exposition au MoMa de New York en 1976 à linvitation de John Szarkowski marque une date dans lhistoire de la photographie, celle de la reconnaissance de la photographie en couleur comme forme artistique à part entière.
En réalité, bien des artistes et non des moindres sétaient essayés depuis longtemps à la couleur, mais comme le souligne Michel Frizot dans la Nouvelle histoire de la photographie, lapport décisif dEggleston, quil partage avec certains de ses contemporains notamment Callahan et Meyerowitz est davoir donné par lusage de la couleur un autre sens à la photographie dans son ensemble. Jusquà ce quon ne sétonne plus de lusage de lune ou de lautre, couleur ou noir et blanc.
Comme un acteur qui ne parvient pas à se libérer du rôle qui la rendu célèbre, Eggleston est resté longtemps prisonnier de létiquette aussi réductrice quexcessive dinventeur de la photographie en couleur. Cest sans doute pour dissiper ce malentendu quil publie en 1989 The Democratic Forest, livre dans lequel il se proclame en guerre contre lévidence. Un il démocratique, une guerre ouverte contre ce qui semble aller de soi : les deux se combinent, il faut voir ce qua priori on naurait pas regardé. Tout peut mériter lattention, le déclic (Anne Bertrand).
Lexposition est en deux parties : un ensemble de vingt photographies composé par Eggleston pour la collection Lhoist, complété ultérieurement par deux autres tirages, et le portfolio Graceland, prêté par le Fonds national dart contemporain, qui comprend onze photographies de la maison dElvis Presley à Memphis.
À lexception des deux tirages Iris récemment acquis par la collection Lhoist, toutes les uvres exposées ont été réalisées selon le procédé du dye transfer, découvert par Eggleston en 1974 dans le catalogue dun laboratoire sous le slogan : De limage la moins chère au nec plus ultra. Le nec plus ultra, raconte Eggleston, était le dye transfer. Je suis monté directement voir ça sur place, et je n'ai vu que des travaux publicitaires, des images de paquets de cigarettes ou de bouteilles de parfum, mais la saturation des couleurs et la qualité de lencre étaient incroyables. Impossible dattendre pour voir à quoi ressemblerait une image dEggleston imprimée avec cette technique. Toutes les photos que jai tirées par la suite selon ce procédé étaient magnifiques, et chacune semblait encore plus belle que la précédente. À propos de sa photo The Red Ceiling (le plafond rouge), Eggleston ajoute : The Red Ceiling est si magistral quen fait je nen ai jamais vu de reproduction qui mait satisfait. Quand on regarde le colorant, cest comme du sang qui mouille les murs
Travailler en rouge une surface aussi importante était un défi.
François Saint Pierre