L’exposition de Lectoure est conçue sur le mode d’un volume posé dans l’espace et porteur de deux images de très grand format, sous forme d’affiches collées. Par sa nature, ce volume fonctionne comme un objet, un module déplaçable, un élément autonome dans le lieu. Le spectateur tourne ainsi autour de ces deux images qui se complètent, s’opposent, et ne sont jamais visibles simultanément. La proposition cherche ainsi à mettre en place un rapport tendu entre les images plutôt qu’un regard linéaire, une relation comparative.

Ces deux images, comme c’est souvent le cas dans mon travail, sont issues de registres très différents. Elles dialoguent et se complètent sur le mode du paradoxe. La nature morte au billet de banque est un portrait de Mao, dont l’ironie est encore accentuée par l’évolution récente de la Chine. L’autre image est construite sur un geste plein d’ambiguïté, d’offrande et de menace à la fois. L’une des images est mise en scène, l’autre est une situation trouvée.

Je n’ai pas de relation directe à la photo de reportage, je ne cherche pas non plus à décrypter les faits. Ce qui m’intéresse, c’est la faculté des images à jouer avec les signes sur un mode fictionnel, à contenir plusieurs degrés de lecture et de références. Il n’y a pas de message particulier, mais plutôt une articulation qui prend sa source dans l’air du temps pour se prolonger dans l’imaginaire de chacun.
• Propos recueillis par François Saint Pierre.

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Guillaume Janot est né à Nancy en 1968. Il enseigne à l’école supérieure des beaux-arts de Toulouse.
Il est représenté par la galerie Alain Gutharc (Paris).

Roses and Guns, un livre de photographies de Guillaume Janot, avec un texte de François Piron, paraîtra prochainement
aux éditions Filigranes avec le concours de la galerie Alain Gutharc et du Centre de photographie de Lectoure.