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En 2005, lÉté photographique de Lectoure réunit des artistes dAfrique du Sud, du Canada, dAllemagne, de Finlande et de France. Par leur vie et leur travail, ces artistes créent des liens entre pays et continents, dont ils sont parfois eux-mêmes des traits dunion. Jurgen Schadeberg a quitté lAllemagne à vingt ans pour vivre en Afrique du Sud. Heidi Kilpelainen, finlandaise, vit à Londres tandis que Bettina WitteVeen, allemande dorigine néerlandaise, partage sa vie entre New York, Bali et Amsterdam. Guillaume Janot expose à Pékin puis à Lectoure la même affiche de 4 x 3 m dune photo faite en Chine. Jean-François Joly réunit dans une unique suite, sans signe distinctif, des portraits dexclus et de personnalités réalisés au Kosovo, en Roumanie, en Suisse, en Russie, en Égypte, en France et en Afrique du Sud. La Sud-africaine Lien Botha, accompagnera son exposition Safari dune résidence avec la compagnie des Limbes pour préparer un spectacle programmé au festival Novart à Bordeaux. Les liens et les rapprochements créés par ces artistes ne sont pas seulement dordre géographique. Leurs uvres traitent de sujets universels qui transcendent les frontières et toutes les barrières qui séparent ou opposent les êtres humains. Depuis 50 ans, Jurgen Schadeberg témoigne avec intensité, par ses photos, de la vie des communautés noires et blanches en Afrique du Sud, avant, pendant et après lapartheid. À partir dimages darchives, Bettina WitteVeen construit une évocation puissante de la guerre en général, dans laquelle elle implique les visiteurs de son exposition. Son travail sur la représentation de la guerre rejoint celui que la Française Liza Nguyen a réalisé au Vietnam, pays de son père, devenu aujourd'hui une destination touristique appréciée. Comment faire le deuil dune histoire et dun pays que lon na pas connu ? En rapportant ses Souvenirs du Vietnam là où elle vit, en France et en Allemagne, Liza Nguyen construit la mémoire de la guerre. La mise en scène par Katherine Knight des huit bouées qui délimitent le chenal du havre de Caribou (Nouvelle-Écosse) évoque les périmètres de sécurité qui, au propre et au figuré, balisent nos existences. En se mettant elles-mêmes en scène dans des parodies de clips publicitaires, de spectacles de rock-stars, de reality shows, de photos de paparazzi, etc., Heidi Kilpelainen et Suzy Lake démontent dans leurs uvres respectives, avec lefficacité de lhumour, les stéréotypes des images de femmes produites par la société marchande mondialisée. Avec des images tout aussi radicales et dénuées de complaisance, Virginie Restain, à linstar de Suzy Lake, traite des stades de la vie dune femme : jeunesse, maturité, vieillesse, à travers trois générations lartiste, sa mère et sa grand-mère , photographiées pendant dix ans. Les expositions de Jurgen Schadeberg et de Lien Botha sont une façon de sassocier à la célébration de dix ans de démocratie et dabolition du racisme institutionnel en Afrique du Sud. Cette édition fera la part belle au spectacle vivant musique, théâtre, danse avec la résidence de Lien Botha et de la compagnie des Limbes, une performance dHeidi Kilpelainen et une improvisation de jazz proposée par Jazz in Marciac. Dans le cadre de ce partenariat entre les deux festivals, inauguré cette année, Marciac accueillera une exposition de Jurgen Schadeberg, dont la passion pour le jazz remonte aux années 50, lorsquil était reporter pour le magazine Drum. LÉté photographique 2005 souvre davantage au public en multipliant les activités autour des expositions (visites commentées, rencontres-apéros, ateliers numériques) et en offrant la gratuité des expositions le lundi. François Saint Pierre |
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