Centre de photographie de Lectoure


Vivre en Irak avec la guerre

Même dans le feu de l’action, Kozyrev réussit à construire des photos qui rappellent que la vie en Irak ne se réduit pas aux actes de guerre. Sans atténuer la violence des situations, il montre que pendant la guerre, la vie continue. Qu’il existe un autour, qu’il y a eu un avant et qu’il y aura un après. Il y parvient sans contorsions, avec simplicité, ne perdant jamais de vue la complexité – l’épaisseur – des situations qu’il photographie.
L’exposition réunit des portraits inédits de partenaires professionnels irakiens de Kozyrev (chauffeurs, gardes du corps…) et des photos extraites des reportages qu’il a réalisés depuis le début de la guerre.

Yuri Kozyrev“J’ai abordé cette guerre, en ma qualité de photographe russe travaillant pour Time Magazine, avec la conviction plus ou moins ferme qu’il s’agissait d’une lutte du bien contre le mal. J’avais déjà passé plusieurs mois à parcourir l’Irak et avais été le témoin de l’oppression de Saddam Hussein. Lorsque la guerre s’est déclarée en mars 2003, je travaillais depuis Bagdad et n’ai pas eu le privilège de me déplacer en char Abrams ou dans le cockpit d’un étincelant chasseur américain. Alors, je me suis déplacé de ruine en ruine et d’une tragédie humaine à l’autre. Ma vision initiale des bons qui triomphent des méchants s’est peu à peu estompée jusqu’à disparaître tel un mirage dans le désert.

Me voici aujourd’hui plus vieux de deux ans, deux ans de guerre et pourtant pas plus éclairé quant au combat du bien contre le mal. Je sais bien que dans les deux camps, on pense se battre contre le mal, or j’ai vu les deux se rapprocher des ténèbres. Tuer ne rend personne meilleur. […] J’ai pris des centaines, si ce n’est des milliers de clichés montrant la misère humaine, le dénuement, la tragédie et la mort dans cette guerre, sans vraiment découvrir qui est le bon et qui est le vertueux. Je ne suis même plus très sûr que le bien combatte le mal.

Lorsque je regarde l’écran de mon ordinateur en fin de journée, tout ce que je vois, c’est le mal luttant contre le mal, dans un corps à corps mortel et avec pour seule victime la bonté humaine.” Yuri Kozyrev, texte de présentation de l’exposition à Visa pour l’image, Perpignan, septembre 2005.




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Né en 1963, Yuri Kozyrev est photographe depuis 1986. Il a couvert de nombreux conflits et guerres en ex-URSS, dont la prise d’otages de Beslan. Correspondant pour Time Magazine basé à Moscou, il est à Bagdad depuis septembre 2002.

Plus d’infos : Photographie.com

Photographie : Vivre en Irak avec la guerre, 2003/06.

Exposition réalisée avec le concours de Time Magazine et de Visa pour l'image, festival international du photojournalisme.


Halle aux grains.
Exposition prolongée au Centre de photographie du 18 septembre au 26 novembre.