
Stockage
Scannogrammes
Lappareil photo est à limage de lil humain. Sa construction obéit aux lois naturelles de loptique avec ses mécanismes physiques : lentille convexe, rayons lumineux focalisés, accommodation à la distance de lobjet. Il est doté dun point de vue individuel équipé dune surface de réception sensible à la lumière qui crée une image virtuelle de la réalité. La dimension manquante de la profondeur est compensée par le théorème de la perspective.
Le scanner, contrairement à lappareil photo, na pas de point de vue. Lancien poste dobservation, jadis stable, sest mis en mouvement et transformé en manière de voir. Le scanner ne possède ni lentille ni point focal, ne connaît ni perspective ni ligne de fuite. À la manière dun aveugle, il appréhende la réalité par tâtonnements, stockant côte à côte avec la plus haute précision et la plus grande régularité les pixels de limage. Tout ce qui se trouve au premier plan est pour lui clair et net, tandis que la profondeur de champ se perd dans une obscurité floue. Cest comme si le scanner était la technique appropriée à une mondialisation en pleine action.
Ce nest pas par hasard que Luzia Simons scanne des tulipes. Soulignons-le : non leur reproduction, mais les fleurs elles-mêmes. La tulipe et son bulbe, jadis aussi précieux que lor, originaires non de Hollande mais dIran et de Turquie où ils symbolisent encore aujourdhui la vie dun individu, revêtent pour Luzia Simons un intérêt artistique particulier. La confusion culturelle et la perte didentité mais aussi, en contrepartie, lenrichissement à travers léchange, sont les sujets que lartiste thématise depuis longtemps, dans des uvres telles que Transit, Face Migration, Luftwurzeln (Racines aériennes).
De nouveau dans Stockage, les motifs sont fragmentés, ultra-précis dans le détail et agrandis jusquà linconcevable. La référence baroque à la beauté et au caractère fugitif des choses est avant tout ironique. En revanche, ces tulipes se mettent résolument en scène et deviennent les acteurs dun grand drame chromatique. Pourtant, il ne sagit pas dindividus. Lartificialité de la surface scannée, cette image parfaitement plane, dune précision micrographique, réfléchit la frontière entre image et réalité à la manière dun épiderme sensible. Werner Knoedgen

Memory Error
Cette performance est un travail sur le portrait, entre photo et danse, où la danseuse est mise en espace avec des détails photographiques de son propre visage.
Memory Error sera diffusée en vidéo pendant le festival dans la vitrine du salon-galerie Jeanine Biasiolo. Memory Error a été créée en mars 1999 à Böblingen (Allemagne).
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Luzia Simons est née en 1953 à Quixadá, Ceará (Brésil) et vit à Stuttgart. Elle est représentée par la galerie Vero Wollmann (Stuttgart).
Photographie : Stockage 6, 2005/06.
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