Centre de photographie de Lectoure

Cieli est une petite série de paysages-vidéo. Des paysages où le regard glisse de l’image fixe à celle en mouvement, de la réalité à sa représentation, de la petite à la grande échelle. Dans cette série, l’artiste réinvente le paysage en jouant sur des trucages minimalistes délibérément perceptibles, mais irrésistiblement poétiques.

Antonella Bussanich


“Antonella Bussanich s’inscrit en total décalage d’un usage exalté des nouvelles technologies. Très loin des vertiges suscités par les possibilités infinies de montage, l’artiste garde le continuum des séquences et retouche ses images au minimum. J’utilise avec parcimonie tous ces moyens. La caméra me permet de capter mon rythme propre, ma pulsation interne, mon sens de l’espace... L’ordinateur me permet de mémoriser et d’analyser ces expériences, explique t-elle. Filmant très peu, elle se prépare, sent, puis saisit des instants sur le vif. L’improvisation comme outil de composition s’inscrit au cœur de son rapport à la vidéo.”

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Laetitia Sellam, Les vidéos intuitives. Frictions entre matières brutes et numériques, Mouvement, 2003.

Quelques mots de plus…
Les mots, qu’ils soient écrits ou simplement énoncés, apparaissent de façon récurrente dans le travail d’Antonella Bussanich. Je voudrais à mon tour m’essayer à cet exercice et énoncer les quelques mots qui me semblent construire une partie de l’histoire du travail artistique d’Antonella Bussanich.

Perpétuellement
“On ne peut se baigner deux fois dans le même fleuve”, par ces mots Héraclite d’Ephèse mettait en lumière le caractère changeant du monde. Est-ce que ?, installation réalisée en 2004, fait écho à la citation du philosophe en montrant deux projections vidéo dans lesquelles on voit une phrase découpée en fragments descendre le fleuve. Ce rapport à la durée, cette réflexion sur le temps qui passe est un élément essentiel de la démarche d’Antonella Bussanich

Incantatoire
Les œuvres d’Antonella Bussanich semblent plonger leurs racines dans quelques rituels oubliés. Dans La marche infinie, vidéo datant de 2001 dans laquelle l’artiste reprend les paroles d’un rituel de guérison Navajo, le spectateur s’attache aux pas d’une femme qui marche. La répétition du geste, le rythme du mouvement créent une alchimie particulière, et la sensation étrange qu’une harmonie peut se dessiner entre l’être et le monde.

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Fabienne Fulchéri, Le monde actuel, 2005.

Centre de photographie

Antonella Bussanich est née en 1963 en Toscane (Italie). Elle vit à Lignières (Aube).

Les vidéos Marche infinie et 1’’ Of Speed sont disponibles sur Oct-tv.

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Photographie : Antonella Bussanich, “Cieli #2”, 2007.