Centre de photographie de Lectoure

Deux jeunes photographes, une Malienne et un Français, ont partagé pendant quelques mois le quotidien de jeunes Maliens à Paris et à Bamako. Fatoumata Diabaté a retrouvé à Paris, parfois par hasard, des jeunes qu’elle avait connus au Badialan 2, le quartier de son enfance. Camille Millerand est allé à Bamako à la rencontre des jeunes de ce quartier.

Cet échange photographique, centré sur des moments d’intimité, montre comment, d’un continent à l’autre, une même culture est associée à des modes de vie différents. Le recueillement d’Anna, jeune femme du Badialan, au moment de sa prière, fait écho aux regrets de N’tata, manœuvre sur un chantier parisien, qui aimerait rentrer au Mali. Son quotidien ne ressemble pas à ce qu’il avait imaginé.




Fatoumata Diabaté

Camille Millerand

Un dialogue s’installe entre les deux séries d’images. Les photographies noir et blanc de Fatoumata évoquent la solitude et les manques affectifs que peuvent ressentir les jeunes Maliens vivant à Paris, émigrés souvent à contrecœur, avec leur propre culture, en quête d’un hypothétique épanouissement personnel et dans le but d’aider leur famille restée au pays.

Au Badialan 2, Camille est allé à la rencontre de jeunes qui évoluent entre la cour familiale, leur chambre et leur grin (regroupement de jeunes du même âge, rythmé par le thé) présent à chaque coin de rue. Ces images en couleur se concentrent sur des moments d’isolement recherchés par ces jeunes dans le contexte d’une vie familiale et collective omniprésente.

Ce double regard montre une culture et un peuple sans cesse en transit. Les jeunes restés au Badialan souhaitent que la jeunesse malienne expatriée en France revienne un jour, pour construire avec eux l’avenir de leur pays.

Halle aux grains

Fatoumata est née en 1980 à Bamako, où elle vit. Elle est lauréate 2005 de Culture France aux Rencontres internationales de la photographie de Bamako.

Camille Millerand est né en 1983 à Saint-Dié (Vosges). Il vit à Aubervilliers.

Exposition produite par le Centre de photographie de Lectoure avec le concours de L’Œil Public, Tendance Floue, l’AFOMAV et le CFP de Bamako. Pour leurs résidences, les photographes ont bénéficié de l’aide de la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports de Seine-Saint-Denis, Via le Monde, Conseil général de Seine-Saint-Denis, Maison de jeunes Émile Dubois à Aubervilliers. Les tirages de Fatoumata Diabaté ont été réalisés par l’Atelier 9 (Sélestat).

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Photographies : Fatoumata Diabaté, “N’tata”, 2006. Camille Millerand, “Le Badialan”, 2006.