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Radio-Tchernobyl a 21 ans. Créée par accident, la station émet sans discontinuer depuis la frontière Nord de lUkraine, au cur dun parc naturel protégé des agressions du monde. Sa puissance démission est sans égale. Son autonomie est estimée à quelques millions dannées. Son personnel est réduit à rien : une sorte de radio sauvage, comme certaines étoiles peuvent lêtre pour les astrophysiciens.
Lucie B., photographe, et Pascal Rueff, ingénieur du son, installent à Lectoure un dispositif pour transmettre une heure démission, soixante minutes dexposition aux rumeurs de Tchernobyl. À Lectoure, dans la maison de la Cerisaie, autour du poste de radio, cinquante portraits offrent des fleurs au visiteur français : il y a un an à Volodarka, un bled en zone 4, dans une zone trop peu contaminée pour avoir été fermée, des paysans avaient croisé le regard dune photographe étrangère qui leur parlait un drôle de jargon, un genre de tchèque. Ce nest pas que limage ne lui suffise pas, mais plutôt que quelque chose déborde chez elle, alors elle parle.
Cette proposition est la version vive du Musée de Tchernobyl à Kiev : là-bas des portraits militaires, balafrés dune stupeur très digne. Ici, des gens ordinaires dans leur tendresse des jours de fête.
On entre à Radio-Tchernobyl comme reporter, comme photographe, comme speaker, par un élan du cur, sans contrat, sans curriculum vite, sans entretien préalable. Vous y êtes : princes et princesses de Volodarka.
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