Centre de photographie de Lectoure

Radio-Tchernobyl a 21 ans. Créée par accident, la station émet sans discontinuer depuis la frontière Nord de l’Ukraine, au cœur d’un parc naturel protégé des agressions du monde. Sa puissance d’émission est sans égale. Son autonomie est estimée à quelques millions d’années. Son personnel est réduit à rien : une sorte de radio sauvage, comme certaines étoiles peuvent l’être pour les astrophysiciens.


Lucie B., photographe, et Pascal Rueff, ingénieur du son, installent à Lectoure un dispositif pour transmettre une heure d’émission, soixante minutes d’exposition aux rumeurs de Tchernobyl. À Lectoure, dans la maison de la Cerisaie, autour du poste de radio, cinquante portraits offrent des fleurs au visiteur français : il y a un an à Volodarka, un bled en zone 4, dans une zone trop peu contaminée pour avoir été fermée, des paysans avaient croisé le regard d’une photographe étrangère qui leur parlait un drôle de jargon, un genre de tchèque. Ce n’est pas que l’image ne lui suffise pas, mais plutôt que quelque chose déborde chez elle, alors elle parle.

Cette proposition est la version vive du Musée de Tchernobyl à Kiev : là-bas des portraits militaires, balafrés d’une stupeur très digne. Ici, des gens ordinaires dans leur tendresse des jours de fête.

On entre à Radio-Tchernobyl comme reporter, comme photographe, comme speaker, par un élan du cœur, sans contrat, sans curriculum vite, sans entretien préalable. Vous y êtes : princes et princesses de Volodarka.

Lucie B.

La Cerisaie

Lucie Balme est née en 1976 à la Tronche, en Isère. Elle vit à Toulouse.

Pascal Rueff est né en 1966 à Belfort. Il vit dans le Finistère, à Douarnenez et à Brest.

À suivre “on air” sur www.tchernobyl.fr

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Photographie : Lucie B., “Radio-Tchernobyl”, 2007.