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Aki Lumi cherche avant tout à travers ses propositions le moyen de construire un système, que ce soit avec ses mains (les dessins Trace) ou avec un appareil photo relayé par un ordinateur (Mechanics ou The Garden). Il présente moins à notre regard le miroir des objets du monde que le miroir du mode de fonctionnement de celui-ci. Voilà sans doute la raison pour laquelle il a besoin doutils de distanciation : il réalise ses dessins avec des règles et des compas, jamais à main levée, ses photographies sont retravaillées avec des logiciels parce que sans doute, plus limage est artificielle et plus elle réclame un effort pour recréer son objet.Dans le cas des Mechanics, Aki Lumi part dune photographie de moteur de navette spatiale quil retouche sur ordinateur ; il peaufine les irisations, accentue les contrastes et les reflets, lisse les formes, leur confère une brume de surface et leur donne les tonalités orangé ou rose, bleu, vert des sucres dorge. La photographie trafiquée devient un tirage numérique sur papier spécial. Pour la série en noir et blanc The Garden, Aki Lumi est parti de photographies darchitectures quil a ensuite recouvertes dun paysage composite, comme pour signifier que cest une grille de construction humaine qui sert de papier millimétré à la grille végétale pseudo naturelle. Toutes ses images clament leur artificialité. Lorsquil part dune saisie de ce qui existe (Mechanics ou The Garden), il semploie à déformer le système de représentation, alors que lorsquil réalise ses dessins (Trace), il part de rien et, pour construire un système de relations dynamiques, il se laisse guider par la logique des outils quil a choisis.
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Évence Verdier, Art Press n° 320, février 2006.
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Maison de Saint-LouisNé en 1957 à Tokyo, Aki Lumi vit à Paris depuis 1993. Il exposera en 2007 au Shanghai Art Museum (exposition collective avec Yuki Onodera et dautres artistes).Exposition produite par le Centre de photographie de Lectoure.
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