Guillaume BeinatPhotographier et filmer l’ordinaire, c’est par l’image que Guillaume Beinat tente de résoudre son questionnement sur la relation entre solitude et relation aux autres. En trois ans, son champ d’investigation s’est déplacé des espaces extérieurs, vastes et impersonnels, vers l’intimité de l’espace privé.

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“2005, Tokyo. Mes pérégrinations nocturnes me révèlent ce qu’il y a d’universel dans cette ville. Là-bas où tout est très japonais, je suis séduit par la banalité des articulations urbaines que sont les ponts, tunnels, couloirs ou escaliers. J’en conçois le projet Ma ville, où ces espaces urbains se confondent avec ceux de bien d’autres mégalopoles.

2007/2008, je reprends le projet, l’ouvrant à la Chine et à la Corée du Sud avant de revenir au Japon. Plus mon itinéraire se dessine, plus se manifeste mon envie de rompre avec mes relevés systématiques. Tokyo. Rencontrée à l’entrée d’un Isakaya (restaurant / bar japonais), Ichiko San a vingt-quatre ans et travaille depuis deux ans comme télé-conseillère : J’explique aux Japonais, comment se servir de leur téléphone portable.

S’habiller, se maquiller, pour se dissimuler et donner à voir ce que la société exige. Ichiko San arbore une étrange transparence qui la nie et la protège en même temps. Mais c’est avec son moi intérieur – un moi proche du mien – que nous avons tenté de dialoguer, ma caméra et moi. Ce portrait photographique n’est pas une énième observation de la société japonaise. C’est d’abord un éloge de la simplicité d’Ichiko San. Dans cet espace aux couleurs pastel, encombré d’objets et de vêtements en désordre, Ichiko San vit, survit. Son silence, ses ecchymoses, traduisent peut-être sa difficulté d’être.” Guillaume Beinat

* Le tatami est le revêtement traditionnel du sol des habitations japonaises. Sa dimension fixe (91 cm x 182 cm) en fait une unité de mesure (jo) pour les pièces.

Maison de Saint-Louis

Guillaume Beinat est né en 1979 à Toulouse, où il vit.

+ d'infos : site de l’artiste

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Exposition réalisée avec le concours de l’École supérieure des beaux-arts de Toulouse.


Photographie : Guillaume Beinat, “sans titre (1)”, couleur, série Hachi Jo Hito Ma, Tokyo, 2008.