
“Cédrick Eymenier expose ses photographies du tissu urbain où le regard se perd entre la séduction des surfaces de carrosseries automobiles et les compositions de vitrines. Une promenade du point de vue qui ouvre sur une vision cubiste de la ville contemporaine.
La pratique de l’artiste consiste à saisir l’image dans les flux urbains. On l’imagine aisément marchant (à Paris et dans les grandes capitales mondiales) et s’interrompant régulièrement pour saisir un reflet sur une carrosserie, une surface colorée, un agencement de couleur, une mise en scène dans une vitrine. Dans la lignée des Benjamin et Breton, il traverse le paysage urbain en quête d’un objet de désir démultiplié et insaisissable. Marche et arrêt pour la prise de vue : ce cinéma au ralenti documente la ville mais y fixe plus profondément des troubles de la vision, des perturbations optiques et l’émerveillement de trouver naturellement des images toutes prêtes.
On pourrait classer ses photographies en divers séries, les vitrines de magasins (dans la lignée de Lee Friedlander), les carrosseries de voitures, le végétal dans l’urbanisme, le calme des espaces vidés (qui évoque Stephen Shore). Son imaginaire des centres-villes n’est pas du tout sociologique, fantastique ou architectural.[…] La richesse des textures, les échos de couleurs d’une forme sur l’autre, les surimpressions dues aux reflets vitrés brouillent la vision entre figuration et abstraction.” Maxime Thieffine