Initialement photographe, Mark Lewis s’est tourné vers le cinéma au milieu des années 90.

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“Ces dernières années, cet artiste canadien vivant à Londres a produit une série d’œuvres provocantes et saisissantes qui explorent, pourrait-on dire, l’architecture conceptuelle du cinéma. Utilisant l’ensemble des outils cinématographiques (il tourne généralement ses films en 35 mm, avec l’aide d’une équipe et d’acteurs professionnels), Lewis compose des fragments de films formant un tout imaginaire – chaque œuvre éclairant un élément structurel spécifique constituant l’un des piliers du cinéma (commercial). Les films de Lewis ont ainsi traité, de 1996 à 1999, de sujets allant de la bande-annonce aux scènes de transition, au générique et même, avec The Pitch, au rôle inestimable du figurant.

En 1999, Centrale inaugure une méthode de travail adoptée ensuite par Lewis dans bon nombre de ses films récents. Chaque œuvre de cette série, qui ne semble pas terminée, consiste en une seule prise de vue (sans montage) dont la durée (quatre minutes environ) est déterminée par le simple procédé de faire tourner la caméra le temps d’une bobine de film (de 35 mm). Ce désir de capturer une seule tranche de réalité telle qu’elle se déroule sous l’œil de l’objectif rappelle les débuts du cinéma et évoque le modus operandi des frères Lumière dans leurs célèbres vues et actualités – des saynètes sur la vie quotidienne, telles que la fameuse scène de l’arrivée du train en gare, qui duraient elles aussi le temps d’une bobine de film.” Steven Bode

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Refusant le topos de la salle de cinéma, les films de Mark Lewis cessent de se présenter comme des fragments d’histoire. Dès lors, le travail révèle une relation étroite avec la tradition picturale de l’expérience du temps et de sa représentation. De ce cinéma continu, cinéma sans limites temporelles, Mark Lewis travaille la matière cinématographique afin d’y porter un nouveau regard, de l’interroger en tant qu’objet du champ culturel et artistique du monde contemporain.

Le film Rush Hour, Morning & Evening, Cheapside (2005) tourné sur Queen Street à Londres, est un temps donné de la journée où le flux humain ainsi qu’urbain est pris dans une luminosité vibrante. La caméra pivote, avance et crée de nouveaux axes de vision. De ce récit du quotidien, Mark Lewis engage ces images silencieuses et vertigineuses sur le terrain du pictural.

Dans cette perte de repères pour le spectateur, le film Gladwell's Picture Window (2005) présente une multitude de perceptions offertes au détour d’une rue. En effet, les jeux de reflets dans les vitrines de la ville transforment la perception d’un quotidien et interagissent comme une escapade dans le temps et l'espace. Mark Lewis questionne les frontières de l’image, tente d’y trouver les frottements et les passages qui se créent dans ce traitement du pouvoir autonome du cinéma : les décors, la prise de vue, la projection.

À partir de ces sensations et de ces codes visuels qui se libèrent au sein même de l’image, Mark Lewis retravaille la présence du film qui n’a ni début ni fin. Il s’agit bien d’une exploration intensément temporelle ainsi que physique de l’image en mouvement. Extrait du communiqué de presse de l’exposition Part II, galerie serge le borgne, 2007.

Maison de Saint-Louis

Mark Lewis est né en 1957 à Hamilton (Canada) et vit à Londres.
Il est représenté par les galeries serge le borgne (Paris) et Monte Clark (Toronto, Vancouver).

+ d’infos : site de l’artiste | galerie serge le borgne | galerie Monte Clark |

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Exposition réalisée avec le concours du MoMA (New York).


Image : Mark Lewis, “Rush Hour” (Film Still), 2005. Courtesy galerie serge le borgne, Paris.