D’un dessin minutieux et simplifié, qui tient à la fois de la miniature turque, du dessin humoristique et de la bande dessinée, Ceren Oykut traduit l’extraordinaire vitalité d’Istanbul en imaginant à tous les coins de rue, sur les toits, aux fenêtres, dans des terrains vagues, etc., toutes sortes de scènes tragi-comiques de la vie quotidienne. L’introduction délibérée d’anachronismes lui permet de juxtaposer plusieurs époques de la longue histoire de la ville : une décapitation au sabre peut ainsi côtoyer une file d’attente chez un marchand de glace ou une catastrophe encore à venir. Les dessins créés pour l’Été photographique évoquent de surcroît le rapport personnel de l’artiste à la photographie.
“Ceren Oykut traite Istanbul comme une ville de rêves et de cauchemars. […] Elle révèle les histoires des habitants qui vivent dans le chaos et l’absurdité de la vie quotidienne. L’artiste appartient à cette cité, elle en est une part. […] À l’image de la ville actuelle, ses dessins sont dépourvus de centre et prolifèrent. Ils forment une cartographie particulière, où les détails ont plus d’importance que la vue d’ensemble. Ils sont une invitation à découvrir les multiples visages d’Istanbul, ce monstre splendide.”

Ceren Oykut publie ses dessins dans la presse et réalise des performances avec son groupe musical Baba Zula et le collectif Anabala. Elle réalise des projets dans le monde entier. Actuellement à Lille, dans l’exposition “Istanbul, traversée”, ses dessins recouvrent les portes monumentales du palais des Beaux-arts.