Photographie : Gaël Bonnefon, Sans titre, Traum (détail), 2009.

En 2010, l’Été photographique de Lectoure fête ses 20 ans et le Centre de photographie s’installe dans la Maison de Saint-Louis, spécialement rénovée, pour une nouvelle étape de son histoire.
Cet anniversaire est l’occasion de rendre hommage aux nombreux artistes qui ont exposé à Lectoure. Il est aussi dédié à tous ceux – bénévoles, stagiaires, membres de l’équipe – dont l’énergie, l’enthousiasme et l’engagement ont permis l’existence de vingt éditions du festival.

L’Été photographique s’est toujours été présenté comme un laboratoire, une manifestation de découvertes, qui associe de jeunes artistes pour des premières expositions et des artistes confirmés, célèbres ou méconnus, exposant des œuvres inédites ou ayant peu exposé en France. Les 137 expositions du festival n’ont privilégié aucun genre, afin de mieux témoigner de la richesse et de la diversité des démarches artistiques. Depuis sa création, l’Été photographique a présenté la photographie dans le champ de l’art, exposant toutes les formes de création ayant recours à ce médium, sans prendre en compte le clivage entre photographie et art contemporain, ce qui lui a permis d’accompagner l’évolution artistique des vingt dernières années.

Le Guide des festivals de Midi-Pyrénées s’est associé à cet anniversaire en ouvrant chaque rubrique par une photographie exposée à Lectoure. Nous vous invitons à découvrir cette sélection, reflet de la diversité des artistes exposés.

Comment vivait-on à Hiroshima en 1958, treize ans après l’anéantissement de la ville ? Sur les photos d’Emmanuelle Riva, la vie semble si simple – évidente – comme si la tragédie n’avait pas eu lieu. Au début des années 50, à Rouen, la vie reprend aussi, dans un certain dénuement, comme le montre l’enquête photographique d’Henri Salesse.

L’un des fils rouges de cette édition est ainsi le rapport entre les habitants et leur cadre de vie. On le retrouve dans les vues d’appartement d’Hortense Soichet qui révèlent la diversité des conditions de logement dans le quartier de la Goutte d’or. Même en l’absence de leurs occupants, ces appartements respirent la vie, à l’opposé des décors sans âme de l’Hôtel de Rome (Beatrice Minda) ou des Body Shops de Juraj Lipscher, comme si ces lieux excluaient la vie qu’ils sont censés encadrer.

C’est au contraire une vie sans cadre, dans ses dérèglements et ses débordements, un défilement de moments intenses qui surgit dans les œuvres autobiographiques de Rodolf Hervé et de Gaël Bonnefon.

Quant aux paysages et architectures photographiés ou filmés par Alix Delmas et Rémy Marlot, ce sont des théâtres pour l’imaginaire.

Construire une mémoire, se construire ou se reconstruire sur les repères de la mémoire : ces questions forment un autre fil rouge de l’Été 2010. En relevant par frottage les traces empilées au fil du temps sur le sol, les murs, les arbres…, l’artiste japonais Masao Okabe retrace tout le chemin qui nous sépare des époques de guerre et d’après-guerre évoquées par Emmanuelle Riva et Henri Salesse. François Saint Pierre

Présentation
Acteurs et partenaires
Emmanuelle Riva
Henri Salesse
Masao Okabe
Rodolf Hervé
Juraj Lipscher
Beatrice Minda
Alix Delmas
Rémy Marlot
Gaël Bonnefon
Hortense Soichet
Inauguration
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