Un paysage, plutôt qu’un discours

En 2014, l’Été photographique de Lectoure offre comme toujours une programmation de découvertes avec des œuvres inédites en France d’artistes internationaux (Victor Burgin, Tom Wood), de jeunes artistes (Moussa Sarr, Constance Nouvel, Marion Brusley, Marie-Johanna Cornut, Samir Ramdani, Kirill Ukolov), des créations (Pilar Albarracín, Mikael Levin). Adolfo Kaminsky, pourtant né en 1925, présentera l’une de ses premières expositions.

Au programme également, Undercover, théâtres d’opérations de Matthias Bruggmann et Les oiseaux de Myriam Richard, dans des démarches très différentes, éclairent le monde actuel en le traitant comme un théâtre.

Pas plus que les précédentes, cette édition ne rassemble des expositions sous le discours unificateur d’un thème unique. Pourtant « Quel est le thème cet été ? » est toujours la question la plus fréquemment posée par qui veut s’enquérir du programme. Ne pas répondre à cette attente de cohérence, d’harmonie, de simplification, c’est prendre le risque de déranger. Or il s’agit justement de créer du dérangement, en proposant un ensemble d’expositions qui échappe au rangement, à l’assemblage, pour permettre à chacune de se présenter en toute autonomie, dans sa pleine singularité. Créer des écarts, des tensions, des conflits pour faire travailler la pensée, tel est le sens de ce choix, qui est une invitation pour chaque visiteur à tracer son propre parcours.

François Saint Pierre

Visuel : d’après Moussa Sarr, The frog and the scorpion, video 2’30, 2012. © Moussa Sarr, Galerie Martine et Thibault de La Châtre.