Centre de photographie de Lectoure

Mémoires algériennes associe les portraits photographiques de Lazhar Mansouri et la vidéo de Farida Hamak réalisée par Felipe Canales, Ma mère, histoire d’Une immigration.

Les deux œuvres relatent les deux versants d’une même histoire, qui débute dans les années 60, au moment de l’indépendance de l’Algérie, à une époque où les besoins en main d’œuvre de l’économie française créent un fort courant migratoire vers la France. Mais qu’ils soient restés au pays ou qu’ils aient franchi la Méditerranée, les Algériens sont alors confrontés au même croisement des cultures, qu’ils vivent différemment selon leur génération et leurs choix de vie : au fond de l’épicerie du village kabyle où Lazhar Mansouri a aménagé son studio, les jeunes gens sont vêtus à la dernière mode européenne, tandis que leurs grands-mères, en tenue traditionnelle, ne dévoilent leur visage que le temps de la prise de vue. Pour la mère de Farida Hamak, qui a suivi son mari en France, la dualité des cultures a d’abord été synonyme de mal de pays, d’inadaptation et de conflits avec ses filles. Aujourd’hui sereine, quarante ans après son arrivée en France, la mère immigrée est devenue française.

Comme tout photographe de studio de cette époque, qu’il soit établi au Mexique, au Mali, en Kabylie ou en France, Lazhar Mansouri dresse au fil des ans le portrait de tout un village. Avec une installation sommaire, il réalise des photos raffinées, alternant, selon les sujets et les circonstances, la gravité solennelle et la fantaisie la plus drôle. Cette liberté de ton rapproche Lazhar Mansouri des portraitistes africains comme Seydou Keïta ou Mama Casset.

Dans la vidéo Ma mère, histoire d’Une immigration, Farida Hamak raconte l’odyssée de sa propre famille avec une grande simplicité de moyens. C’est sa voix que l’on entend : à l’évidence, elle n’est pas comédienne et plutôt timide. Les photos qui défilent devant la caméra sont celles de son album de famille, sobrement montées par Felipe Canales : certaines y figuraient déjà, prises par d’autres, mais, pour les plus récentes, la photographe, laissant de côté son savoir-faire de photojournaliste, laisse parler son cœur et sa mémoire en produisant des images minimales, ébauchées juste ce qu’il faut pour déclencher les souvenirs et les émotions de toutes les familles qui ont connu le même destin.
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Mémoires algériennes est le fruit d’un partenariat avec l’association Marie-Louise & Fils. Conception de l’exposition de Lazhar Mansouri : Armand Deriaz et Charles-Henri Favrod. Merci à Frédérique Chapuis.
La rencontre avec Farida Hamak et Dalila Morsly est organisée en partenariat avec la bibliothèque municipale de Lectoure et la librairie-tartinerie Des Livres et vous.
Le Centre de photographie de Lectoure reçoit le soutien de : Ministère de la culture et de la communication – DRAC Midi-Pyrénées, Conseil régional Midi-Pyrénées, Conseil général du Gers, Ville de Lectoure.

Les rendez-vous
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Samedi 7 janvier :
16 h au théâtre le Sénéchal,
projection du film “Ma mère, histoire d’Une immigration”. Rencontre avec Farida Hamak et Dalila Morsly (professeur de linguistique).

18 h au Centre de photographie,
vernissage des expositions.
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Dimanche 12 mars :
16 h au Centre de photographie,
“Le portrait de studio en Afrique : un héritage colonial ?”, conférence par Dominique Blanc, chargé des publics au Centre de photographie de Lectoure.

Infos pratiques
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Exposition du 8 janvier au 12 mars 2006
Ouvert tous les jours de 14 h à 18 h sauf
le samedi.
Entrée : 3 euros, tarif réduit : 2 euros,
gratuit pour les moins de 18 ans.

Centre de photographie de Lectoure
5 rue Sainte-Claire - 32700 Lectoure
Tél. : 05 62 68 83 72 - Fax : 05 62 68 83 03
E-mail : contact@centre-photo-lectoure.fr

Téléchargements
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