Jacques Damez est né en 1959 ; il vit à Lyon.
Depuis 1980, sa réflexion et son œuvre sur le temps photographique sont dominées par la réalisation de séries et de séquences. Ses intérêts esthétiques se partagent entre le paysage et le corps.
Au début des années 80, il ouvre la galerie Le Réverbère avec Catherine Dérioz pour promouvoir la photographie. Trente ans plus tard, l’aventure continue : toujours photographe, toujours galeriste, toujours avec Catherine. Il est l’auteur d’un essai traitant de l’importance de la photographie dans l’œuvre de Hans Hartung sous le titre de Hans Hartung photographe, la légende d’une œuvre, qui au départ fut un diplôme à l’EHESS (2001). Plusieurs livres de photographies jalonnent son parcours : Contraintes par corps, La 25e heure, l’autoportrait inaccessible, Paysages au vent d’Autan, Vues de l’esprit et Jardin en coulisse. Jardin en coulisse, Tombées des nues… et deux tomes de Mémoires en mutation – Lyon La Confluence. Ils sont la trace de projets, de cheminements, de réflexions où se fixent quelques silences arrêtés.
Jacques Damez a fait confiance au vent et au cadastre pour montrer l’évolution des paysages du Gers.
Michel Guerrin, Le Monde, 20 avril 1993.
D’avril 1991 à avril 1992, Jacques Damez est venu à six reprises photographier treize points de vue de la campagne des environs de Lectoure, reproduisant à chaque fois exactement les mêmes cadrages. Exposé pour la première fois dans le cadre de l’Eté photographique 1992, Paysage au vent d’autan a été acquis par le Musée de Lectoure.
Il y a mille et une manières de photographier un paysage. Celle choisie par Jacques Damez est certainement la plus “photographique” et la plus “typique” à la région. La plus “photographique”, parce qu’il a choisi de repérer dans la campagne autour de Lectoure, des lieux, selon des critères qui ne doivent rien au goût, au pittoresque, mais tout à un ordre géométrique, caché, invisible et pourtant signalé. Ces Sites, sont ceux, désignés par 13 points géodésiques, également répartis autour de la ville. […]
La plus “typique” parce que le travail du photographe s’est soumis à une direction dominante de ce paysage, celle du vent d’Autan. […]
Il y a aussi tout ce qui peut arriver, ailleurs, entre les choses, tous les instants changeants ce cheminement, saisonnier, entre les 13 lieux : le photographe a “noté” ces Images de rencontre, impromptues, toujours inattendues, mais qui ont des traits intimes, des liens très circonstanciels avec la photographie des Sites. […]
Pour lier plus encore la fonction poétique et la fonction documentaire dans ces paysages de Lectoure, d’autres images, en couleurs, Palette des saisons, viendront “témoigner” des lieux et de leurs nuances saisonnières.
Jean-Pierre Nouhaud

