Raymond Depardon est né en 1942
à Villefranche-sur-Saône.
Autant photographe, que réalisateur, journaliste ou scénariste, il prend ses premiers clichés à 12 ans, dans la ferme familiale du Garet. Apprenti chez un photographe-opticien de Villefranche-sur-Saône, il part pour Paris en 1958, puis rejoint l’agence Dalmas à Paris en 1960 en tant que journaliste. En 1966, il co-fonde l’agence Gamma.
Parallèlement à sa carrière de photographe, il commence dès 1963 à tourner des documentaires, notamment sur la politique avec un documentaire en 1974 sur la campagne électorale de Valéry Giscard d’Estaing, dont la diffusion fut interdite par le Président. Depuis, il a réalisé de nombreux films, portant son regard humaniste aussi bien au Tchad que sur un asile psychiatrique, aux urgences, dans les palais de justice ou sur les problèmes du monde paysan dont il est issu.
En 1978, il rejoint l’agence Magnum et continue son travail de reportage jusqu’à la publication de Notes en 1979 et Correspondance new-yorkaise en 1981. En 1984, il prend part à la mission photographique de la DATAR, dont l’objectif est de “représenter le paysage français des années 1980”.
Tout en poursuivant sa carrière cinématographique, il reçoit en 1991 le Grand Prix national de la photographie, ses films gagnent aussi en reconnaissance : en 1995 Flagrants Délits, sur le système de la justice française, a reçu un César du meilleur documentaire, et en 1998, il entreprend sa trilogie Profils paysans, consacrée au monde rural français.
En 2006, il a été invité en tant que directeur artistique aux Rencontres internationales d’Arles.
Que ce soit dans ses photographies, ses films ou ses livres, il s’intéresse tout particulièrement au territoire français, ses régions, ses pays, comme en témoigne son exposition actuelle à la BNF : La France de Raymond Depardon.
Un des traits caractéristique de son œuvre photographique est la revendication de la subjectivité du photographe et de sa volonté de photographier des “temps morts”, ce en quoi il se détache de l’école du reportage humaniste européenne de Cartier-Bresson et se rapproche de l’école américaine et des photographes tels que Walker Evans et Robert Frank.
Les photos exposées à Lectoure ont été réalisées au début des années 90 dans les fermes de moyenne montagne du Massif Central. Par la suite, Raymond Depardon reviendra à plusieurs reprises photographier ces fermes et leurs habitants. Le projet trouvera son aboutissement avec la trilogie cinématographique Profils paysans tournée dans ces mêmes lieux entre 2000 et 2008.
En centrant son travail sur les fermes de moyenne montagne, Depardon s’intéresse à la frange la plus fragile, la plus menacée, du monde agricole, en s’attachant à saisir ce qui est en train de disparaître.
La projection à Lectoure, au cinéma le Sénéchal, de la trilogie Profils paysans accompagne cette exposition. Raymond Depardon a suivi pendant dix ans des paysans de moyenne montagne. Il nous fait entrer dans leurs fermes et entendre leur parole.
J’ai passé mon enfance dans une ferme et j’ai mis du temps à prendre conscience de cette réalité même si j’ai quitté cette ferme très tôt, à l’âge de 16 ans. Comme beaucoup de gens dans les années 60, j’ai un peu fui ce milieu par complexe, quelque fois même par honte. Ensuite, s’est installé tout doucement un phénomène inverse : j’étais fier d’être né dans une ferme. Mais je n’arrivais pas à faire un film sur ce sujet-là. Il a fallu que je fasse un grand détour, le tour du monde en quelque sorte, pour oser filmer les paysans.
Raymond Depardon
Vendredi 25 février à 20 h 30 – Cinéma Le Sénéchal, Lectoure.
précédé du court métrage Quoi de neuf au Garet ? (2004).
Samedi 26 février à 15 h – Cinéma Le Sénéchal, Lectoure.
Dimanche 27 février à 16 h 30 – Cinéma Le Sénéchal, Lectoure.
